Programme 6 : Écritures de l’histoire au singulier

Porteurs : Chr. Amalvi, M. Charreire, J.-F. Muracciole, F. Kimmel-Clauzet, A. Bonord

Dans la perspective d’une approche renouvelée de l’écriture biographique, ce programme entend questionner la figure du grand homme et ouvrir la voie à une définition de celle de la grande femme, concept qui n’a guère été opérationnel jusqu’à présent – ou réduit à sa portée féministe. Partant du postulat, énoncé dès l’Antiquité, qu’on n’écrit la vie que des grands personnages, ceux qui comptent pour la société – et continuent de compter, même après leur mort, pour les générations ultérieures – pour leur apport politique, militaire, religieux mais également littéraire ou artistique, il s’intéresse à la façon dont les récits vont justifier, mettre en scène, voire fonder cette importance des personnages choisis par les biographes.

L’intérêt d’un travail sur le temps long est de mettre en lumière l’évolution du genre à travers les siècles. De son appartenance originelle au genre rhétorique de l’éloge, accompagnant souvent la mise en place de commémorations, voire de véritables cultes civiques, en Grèce ancienne, la biographie va intégrer le genre historiographique, et ce très progressivement, partiellement, et en étant toujours matière à discussion, voire à soupçon.

Le programme prévoit déjà l’organisation d’un colloque consacré à « Marc Bloch et Montpellier » (Chr. Amalvi, M. Charreire, J.-F. Muracciole), à la fin de l’année 2025, qui offrira un premier temps de réflexion en lien avec l’entrée au Panthéon de l’historien et résistant prévue pour le 16 juin 2026. Cet excellent exemple permet de poser la question des critères de sélection pour l’accès à la panthéonisation, et notamment de l’influence respective des statuts d’auteur ou de héros de guerre.

Le programme s’appuiera notamment sur un séminaire intitulé « Des mémoires à la biographie » (coord. M. Charreire, J.F. Muracciole), qui se propose d’étudier et de comparer les écarts et les registres d’historicité entre d’un côté les mémoires et autobiographies, et de l’autre la production historio-biographique, pour en envisager les jeux d’écriture ou de réécriture et d’écart. Il examinera plus particulièrement le cas, moins habituel, de personnages qui ont écrit leurs mémoires après l’écriture d’une biographie leur étant consacrée, pour mettre en lumière les éventuels effets de réponse, de relecture des événements ou jeux de miroir créés. Ce séminaire pourra être ouvert aux étudiants de doctorat mais aussi de master, afin de les accompagner dans l’acquisition d’une méthodologie de traitement de ces sources.

Dernière mise à jour : 06/05/2025